Que n'a t-on entendu après la présentation des 60 propositions de François Hollande ! Le président/futur candidat ainsi que ses "snipers" -comme ils aiment à se nommer eux-mêmes - ont caricaturé et déformé de manière outrancière les propositions du candidat socialiste. Un exemple : les contrevérités de l'UMP sur le prétendu matraquage des classes moyennes.
MM. Wauquiez et Copé, une fois de plus, ont choisi la peur, la caricature et le mensonge en déclarant que le programme présenté par F. Hollande tournait le dos aux classes moyennes.
‐ A aucun moment, dans son projet, il ne prévoit « la suppression de la défiscalisation des emplois à domicile », créée par le gouvernement Jospin. Au contraire, il la maintient.
‐ A aucun moment, il ne propose de « supprimer l'abattement de 10 % sur les salaires et pensions ».
‐ A aucun moment, il ne projette d' « abandonner la prime pour l'emploi » que la gauche a créée.
‐ En aucun cas, le rapprochement de l'impôt sur le revenu et la CSG n'«aggravera » la fiscalité pesant sur les classes moyennes.
Au contraire, il les protégera.
‐ A aucun moment la réforme du quotient familial – qui concernera 5% des foyers - ne nuira aux classes moyennes. Le principe qui anime la grande réforme fiscale de F. Hollande, c'est la justice : elle passe par la suppression des cadeaux fiscaux dont les plus riches des Français seuls ont pu bénéficier au cours des dernières années.
‐ En plafonnant à 10 000 euros les avantages tirés des niches fiscales, ce sont les plus riches des Français qui sont concernés.
‐ En instituant une tranche à 45 % pour les revenus supérieurs à 150 000 euros par part, ce sont les 1 % des plus aisés des Français qui sont concernés.
‐ En rétablissant un véritable impôt sur la fortune, mais en en exonérant les foyers qui possèdent moins de 1,3 million d'euros de patrimoine, F. Hollande protège les classes moyennes mais il sollicite le 1 % des Français les plus riches.
La vérité, c'est que les classes moyennes sont aujourd'hui en train de payer la facture que le Président sortant leur a présentée.
- Qui paye aujourd'hui les 2,2 Md€ de taxes sur les mutuelles, sinon les classes moyennes ?
‐ Qui est victime aujourd'hui du nouveau barème de l’impôt sur le revenu qui va ponctionner plus de 1,8 Md€ et va faire payer 200 000 foyers supplémentaires, sinon les classes moyennes ? -‐ Qui va payer, les 1,9 Md€ de TVA supplémentaire déjà votés, sinon les classes moyennes ?
‐ Qui sera frappé par la hausse massive annoncée de la TVA, sinon les classes moyennes?
La vérité, c’est qu’en allégeant l’ISF de 2 milliards après avoir mis en place le bouclier fiscal, le président sortant n’a jamais agi pour les classes moyennes mais toujours pour les plus privilégiés. La tactique de M. Sarkozy, c’est de parler des classes moyennes mais d’agir pour les plus riches. Et les quelques mesures prises en début de mandat au nom des classes moyennes – comme la déduction des intérêts d’emprunt – n’ont pas tenu le quinquennat.
Le président sortant restera comme l'ennemi des classes moyennes et l'ami des privilégiés. La croissance pour que leur pouvoir d’achat augmente ? Il n’y en a pas eu. L’emploi ? 1 million de chômeurs en plus. Des services publics qui fonctionnent ? Ils ont été cassés – santé, justice, sécurité. D’une école dans laquelle on investit ? Elle a été sacrifiée.
Celui qui se veut le défenseur des classes moyennes n'en aura été que le fossoyeur.
